Quatre avocats commis d’office, ont pris la défense de Ben Ali. Il s’agit de Me Abdessattar Messaoudi, Me Hosni Beji, Me Bechir Mahfoudhi et Me Omar Hmila. Les trois derniers en charge de défendre Ben Ali pour l’affaire de détention de stupéfiants ont demandé au juge le report de l’audience, pour bien étudier le dossier. Me Hosni Beji explique à Gnet : «nous avons été commis d’office et réquisitionné ce matin, nous n’avions pas une idée précise sur les détails du dossier. Nous avons alors demandé au juge le report de l’audience. Si l’audience est reportée pour un délai confortable, nous pourrons rentrer en contact avec notre client. Nous essayerons les moyens diplomatiques et personnels pour y arriver ». Concernant le premier chef d’accusation, le verdict sera prononcé, ce lundi 20 juin à 17h.
Interrogé par Gnet sur son avis concernant l’affaire, Me Abdelfattah Mourou présent lors du procès, a répondu : «avec l’absence du prévenu, il est difficile d’ouvrir un procès. Il faut que les deux parties soient présentes pour que le procès soit équitable. Je demande que les avocats le défendent lui et sa femme, parce que ce procès est très important. Il est le premier procès équitable et transparent depuis l’indépendance. D’autant plus que l’article 142 des procédures pénales permet au tribunal d’ordonner le plaidoyer même en l’absence du prévenu. Il est vrai que l’article 141 ne le permet pas, mais le tribunal peut l’ordonner ». Comment voyez-vous l’issue de ce procès : «Je respecte l’indépendance de la justice, ce n’est pas à moi de dire, mais il faut que l’on écoute les avocats de l’accusé et le parquet », répond-il.
Mohamed Abbou, avocat et ancien opposant au régime de Ben Ali, a été également présent à l’audience. Il confie à Gnet, qu’il aurait été préférable de commencer par des procès plus importants que la détention de drogue. « Par exemple quand Samir Feriani a accusé Ben Ali d’espionnage pour le compte d’Israël, il a été arrêté et emprisonné. Pourquoi aucune enquête n’a été ouverte pour rétablir les faits et découvrir la vérité ? J’aurais aimé aussi que des avocats viennent défendre Ben Ali, ces mêmes avocats qui s’étaient rangés de son côté quand il était au pouvoir». Un autre avocat, Me Laabidi, présent dans les couleurs du palais de justice, s’indignait quant aux conditions dans lesquelles se déroule le procès. Il criait au micro des journalistes « c’est une pièce de théâtre, c’est du cinéma tout ça. Pourquoi n’ont-ils pas commencé par juger ceux qui sont déjà en Tunisie ? Il y en a un en particulier qui a ordonné de tuer des civils lors de la révolution et qui circule en toute liberté dans toute la Tunisie. Nous ne voulons pas de ce pseudo procès qui ne changera rien, parce que Ben Ali n’est pas ici et qu’il serait très difficile de le faire revenir. Ce procès est de la poudre aux yeux pour faire taire la rue. Il nous faut commencer par faire le ménage ici-même », plusieurs citoyens présents étaient du même avis et surtout les familles des martyrs, qui sont venues dans l’espoir d’un gain de cause.
En dehors du palais de justice, quelques manifestations ont été organisées en marge du procès pour protester contre la détention de Samir Feriani et pour appeler au jugement des assassins des martyrs de la révolution. Les avocats sont unanimes, l’Arabie Saoudite doit remettre Ben Ali et son épouse à la Tunisie.
Publié par : Chiraz Kefi

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