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| A Tunis, lors du vote pour l'Assemblée constituante, dimanche. |
La commission électorale a fixé la date des résultats officiels.
Les Tunisiens ont voté en masse, la participation pourrait dépasser les
70%. Ils s'affichent très fiers de participer à ce premier scrutin
libre. Reportage.
Dans les cours des écoles reconverties en bureaux de vote, les files d'attente s'étirent parfois sur plusieurs centaines de mètres. A la cité Etthadamen, dans le quartier d'El-Agba ou encore à Ben Arous, dans les environs de la capitale, les Tunisiens ont été nombreux, dès les premières heures de la matinée, à se rendre aux urnes.
C'est une journée historique, il fallait en être
Le manque d'habitude des assesseurs et le souci de faire les choses en règle rend le processus assez lent. L'identité de chaque électeur inscrit est d'abord vérifiée, il signe ensuite le registre puis, précaution supplémentaire, il est invité à tremper son doigt dans un pot rempli d'encre bleue. Il vote ensuite- le passage dans l'isoloir est obligatoire- en cochant, sur un bulletin unique, la case correspondant au parti de son choix.
Le déroulement des opérations est surveillé par plusieurs observateurs: ceux des partis politiques mais aussi ceux des ONG et surtout des très nombreuses associations professionnelles tunisiennes qui ont décidé de faire leur affaire de la transparence du scrutin. Les avocats, en particulier, sont très présents. Ils doivent en particulier veiller à ce que chaque électeur aille bien seul dans l'isoloir: malgré la requête des islamistes du parti Ennahda, qui faisaient valoir que certaines personnes âgées, illettrées, auraient du mal à voter seules, toute assistance est interdite.
Samedi, c'était un peu comme le dernier soir du ramadan, avant la fête
Ce n'est qu'à la dernière minute que beaucoup de Tunisiens ont réalisé le caractère historique de cette journée et qu'ils ont décidé d'en être. Résultat: un peu plus de la moitié seulement des sept millions d'électeurs potentiels s'étaient inscrits sur les listes électorales ouvertes cet été par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), une institution ad hoc chargée d'organiser le scrutin en lieu et place du ministère de l'intérieur, de sinistre réputation.
Le calvaire des non-inscrits
Parce qu'ils se méfiaient ou parce qu'ils n'ont pas à l'époque vu l'enjeu de l'exercice, ou encore par négligence, les autres ont omis de faire cette démarche. Pour ces non-inscrits, le parcours du combattant, plus compliqué, suscitait ce matin bien des récriminations à El-Agba ou Ben Arous. Si des centres de vote ont été ouverts à leur intention, ils ne peuvent y accéder qu'après avoir envoyé par texto le numéro de leur carte d'identité et reçu un message leur indiquant où se rendre. Ceux qui ont envoyé leur texto quelques jours avant le vote ont reçu une réponse immédiate.
Cette fois, ce sont des vraies élections
Mais de nombreux électeurs, ignorant tout de cette procédure, se sont simplement rendus dans le centre le plus proche de leur domicile. Et ce n'est qu'à ce moment là qu'ils ont, avec l'aide du personnel sur place ou d'autres électeurs venus comme eux aux nouvelles, fait partir leur demande depuis leur téléphone portable. Résultat: certains n'avaient toujours pas obtenu de réponse après plusieurs heures ce matin, à cause de la saturation des lignes.
Devant le lycée d'El-Agba, beaucoup râlaient ferme, accusant déjà les autorités de chercher à les empêcher de voter. Les représentants de l'ISIE espéraient eux que les réponses finiraient par arriver, aux heures plus creuses de la journée, et que tout rentrerait dans l'ordre.
L'ISIE veut un scrutin irréprochable et des résultats incontestables. D'où une rigueur parfois mal comprise. A Ben Arous, Aicha, régulièrement inscrite sur les listes, a perdu il y a quelques jours sa carte d'identité. Elle espérait pouvoir voter malgré tout avec son récépissé d'inscription, une photocopie de sa carte et le témoignage d'un voisin. Mais rien n'y a fait. "Elle est triste et je la comprends, commente ce dernier, mais cette rigueur montre le sérieux des organisateurs. Cette fois, ce sont des vraies élections."
Source : l'express fr

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